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Faux, avant IB la production halieutique n’était pas de 1 000 tonnes par an

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Capture d'écran du compte Facebook BAtiono De Kyon's

Une publication largement relayée sur les réseaux sociaux affirme qu’avant l’arrivée du capitaine Ibrahim Traoré (IB) au pouvoir, la production halieutique du Burkina Faso se limitait à 1 000 tonnes par an, et qu’elle serait passée à plus de 17 000 tonnes sous son leadership. Mais, il n’en est rien.

Le post, qui a suscité des milliers de réactions, affirme : « C’EST OFFICIEL : Avant IB, la production halieutique était de 1 000 tonnes par an. Avec IB, c’est désormais +17 000 tonnes par an. »

Qu’en est-il réellement ?

Pour vérifier cette information, nous avons mené une recherche avancée en ligne en ciblant des sources fiables et des données antérieures à l’arrivée d’Ibrahim Traoré au pouvoir en 2022. À l’aide de mots-clés tels que « production halieutique Burkina Faso 2019 » et « production halieutique 2020 », nous avons consulté des publications couvrant les années 2019 et 2020, afin d’éviter toute confusion chronologique. Les résultats obtenus proviennent notamment de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du ministère burkinabè des Ressources animales et halieutiques, puis ont été recoupés entre eux.

Ces données contredisent clairement le chiffre avancé dans la publication virale. Selon la FAO« en 2019, les prises en eaux intérieures du Burkina Faso étaient estimées à environ 24 700 tonnes ». L’organisation précise par ailleurs que, bien que le pays soit enclavé et dispose de ressources hydriques limitées, la pêche représentait déjà près de 1 % du PIB agricole. Les statistiques nationales vont dans le même sens. Le ministère des Ressources animales et halieutiques estime la production halieutique nationale à 29 750 tonnes en 2020, soit un niveau très éloigné des 1 000 tonnes évoquées par les publications en ligne.

Cette information trompeuse repose sur une extrapolation abusive d’un article du média Faso7, titré : « Burkina Faso : la production halieutique passe de 1 000 à plus de 17 000 tonnes par an ». À la lecture complète du texte, il apparaît que les propos du directeur général des Ressources halieutiques, Moustapha Tassembedoo, ont été décontextualisés et généralisés à tort. Lors de son intervention, il expliquait que le pays « venait de loin » et mettait en avant une progression observée sur une période donnée, en évoquant un passage de 1 000-1 200 tonnes par an à 17 000-18 000 tonnes, tout en soulignant que des efforts restaient nécessaires pour atteindre un objectif plus ambitieux de 100 000 tonnes de poisson par an. Ces chiffres décrivaient une dynamique d’évolution et non un niveau de production nationale avant l’arrivée d’Ibrahim Traoré au pouvoir. En les présentant comme une comparaison directe avant/après IB, les publications virales ont modifié le sens initial de la déclaration, transformant une analyse de progression en un argument politique trompeur.

En réalité, la production halieutique du Burkina Faso était déjà estimée à 24 700 tonnes en 2019 puis 29 750 tonnes en 2020, soit avant 2022. Présenter ces données comme une évolution générale allant de 1 000 à 17 000 tonnes sous l’actuel pouvoir relève donc d’une information partiellement fausse et fortement décontextualisée.Faux, avant IB la production halieutique n’était pas de 1 000 tonnes par an