La crise de la dette révélée au Sénégal depuis 2024 fragilise la confiance financière du pays. Des rumeurs d’ingérence russe et de projets médiatiques à Dakar circulent, mais les preuves restent limitées.
Crise de la dette sénégalaise : une fragilité interne documentée
Depuis l’élection du président Bassirou Diomaye Faye en 2024, des audits publics ont mis au jour une sous-évaluation majeure de la dette sous l’ancien régime de Macky Sall. Selon la Cour des comptes et le FMI, l’endettement réel dépasserait désormais 100 % du PIB, avec plusieurs milliards de dollars de dépenses non déclarés entre 2019 et 2023.

Cette révision a entraîné la suspension d’un programme du FMI[1] et une dégradation de la crédibilité financière du Sénégal sur les marchés internationaux. Si la crise actuelle résulte d’abord de décisions budgétaires nationales et d’une gouvernance financière opaque, une ingérence russe est également suspectée.
Présence informationnelle russe : Dakar dans le radar de Moscou
La Russie déploie depuis plusieurs années des stratégies d’influence en Afrique francophone, notamment via des médias d’État et des réseaux informationnels, comme observé au Mali ou en Centrafrique.
Au Sénégal, des rumeurs d’implantation de RT [2] ou de formations médiatiques russes ont circulé en 2025. Mais aucune annonce officielle ni preuve vérifiée ne confirme une installation opérationnelle à Dakar à ce jour. Les prétendus « leaks » du SVR évoquant une déstabilisation n’ont pas été authentifiés par des sources indépendantes crédibles.
Dette et influence : corrélation possible, causalité non établie
La simultanéité entre crise financière, tensions avec les bailleurs occidentaux et signaux d’activités informationnelles russes nourrit de forts soupçons d’exploitation opportuniste par Moscou. Le schéma correspond à des précédents documentés au Sahel : investissement médiatique et narratif dans des contextes de fragilité politique ou économique.
La séquence sénégalaise rappelle que les crises budgétaires majeures créent des vulnérabilités géopolitiques rapidement investies par des puissances concurrentes.



