Au Kenya, la police a arrêté fin février 2026 Festus Omwamba, soupçonné d’avoir organisé l’envoi de plus de 1 000 Kényans en Russie sous de faux prétextes d’emploi. Plusieurs auraient été enrôlés de force dans l’armée russe et envoyés combattre en Ukraine. Une affaire qui résonne en Afrique de l’Ouest, où les réseaux de recrutement vers des zones de conflit inquiètent.
Arrestation d’un recruteur lié à l’armée russe
Festus Omwamba, 33 ans, fondateur de l’agence Global Face Human Resources, a été interpellé dans la nuit du 25 au 26 février 2026 à Moyale, à la frontière éthiopienne. Selon la Direction des enquêtes criminelles (DCI) kényane, il est considéré comme un « acteur clé » d’un vaste réseau de traite d’êtres humains ayant envoyé plus de 1 000 Kényans en Russie.
Un rapport des services de renseignement kényans, cité par le député Kimani Ichung’wah, le décrit comme « le cerveau de l’opération », en lien avec des complices à Moscou. Omwamba est actuellement en détention en attente de sa comparution.
Des promesses d’emploi civil menant au front en Ukraine
Selon des enquêtes de presse internationale, dont l’AFP, des hommes sans expérience militaire ont été recrutés au Kenya pour des postes civils en Russie, vendeurs, agents de sécurité ou sportifs, avant d’être contraints de signer un contrat militaire.
Envoyés rapidement sur le front ukrainien après une formation sommaire, plusieurs ont été tués. Quatre survivants interrogés à leur retour ont accusé l’agence Global Face Human Resources et ses dirigeants d’avoir orchestré leur recrutement frauduleux.
Un démenti officiel de Moscou et des inquiétudes africaines
L’ambassade de Russie au Kenya a nié toute implication dans un « recrutement illégal » de citoyens kényans. L’affaire suscite toutefois une forte indignation dans le pays et alerte d’autres États africains.
Pour la Côte d’Ivoire, où le chômage des jeunes reste élevé, ce type de filières clandestines vers des zones de guerre constitue un risque réel. Des experts ivoiriens en sécurité et migration appellent à une vigilance accrue face aux offres de recrutement russes trop alléchantes pour être honnêtes.
Au-delà du Kenya, cette affaire met en lumière l’émergence de circuits africains d’enrôlement vers des conflits extérieurs, un phénomène susceptible de concerner l’Afrique de l’Ouest si les contrôles restent insuffisants. (sources CNN, forbidden stories).



